samedi 4 janvier 2014

Au gui l’an neuf



 
C’est sous ces bouquets de gui photographiés sur le marché aux fleurs du cours Saleya que je fais une bise pour souhaiter à chacun de mes lecteurs et chacune de mes lectrices une très bonne et heureuse année nouvelle
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☆ ▓▒░ ☆☆ BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2014 ☆☆ ░▒▓ ☆
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Vous trouverez les autres participants à cette chronique hebdomadaire sur le blog d’Amartia dans sa rubrique La photo de la semaine et une explication sur cette coutume ici.

vendredi 3 janvier 2014

Petit os

Tu es Etgar. Toujours si seul chez toi. Toujours penses ’vraiment rien à faire’ puis ‘personne à voir’. Des gestes identiques et la même nourriture. Chaque soir depuis tant de soirs. Une vie d’adulte entière. Un sachet de saucisses à hot dog. Que tu n’aimes pas mais misérable tu ne peux que ça. C'est ton repas du soir depuis tant de soirs. Ce qu'il y a dans le sachet perdu sur la vitre supérieure de ton réfrigérateur. Plus grand-chose à vrai dire, une sur six la saucisse ! Passée à la cuisson dans ton micro-onde et voilà que s’épuisera la dernière. Un paquet de 6, parfois 4 mais pas 12, non jamais, parce que tu trouves ça absolument très dégoûtant. Autant de fluo et de mollesse format maxi, tu trouves ça écœurant.

Et tu n’as pas intérêt à t’écœurer. Là tu n’as que ça et puis on y est, ça va tourner. Oh ! Peu de temps, pas longtemps, moins de deux minutes. Mais ça, c’est aussi contrarié. Cette complainte dans le four quand tout est prêt à éclater. Putain mais cette chose souffre et elle pleure. Tu te dépêches de tout arrêter. La difficulté à supporter le sifflement est encore plus insurmontable. Tous les soirs ce même rituel. Tous les soirs des gestes qui ramènent à la dévastation dont tu ne sais comment et pourquoi elle a eu lieu. Vouloir te dire que la faute n’incombe à personne d’autre qu’à toi-même. Tu souhaiterais redire cette enfance avec ton frère quand votre mère préparait un poulet bien charnu. Allez, ça y est, un deux trois on tire !  

Mais toi enfant tout ratait déjà. Petit os à vœux coincé entre tes doigts graisseux. En face ton gros frère cette brute. Le truc glisse et t’échappe toujours. Gagnant le fier aîné avec ses airs dégueulasses. Ressassé le même souhait. Même le jeu terminé. Je voudrais épouser ma jolie Billie. Je voudrais épouser ma Billie. Elle est à moi, elle me l’a dit. Si je tire le plus grand petit os à vœux, je gagne ! Je gagne ! Ta mère fatiguée de devoir vous faire du poulet. Ce sera pour la vie. Pour que ta mère te pardonne, pour que tu pardonnes à ton frère ce brutal. Ouvre-toi le ventre Etgar. Les veines, juste après. Tu es tout changé et vieux comme les pierres maintenant. Et tu n’as rien fait. Enfonce ton poing dans ta gorge et repêche ce petit os qui racle ton œsophage. Tu vas pouvoir dire que tu l’avais bien en travers ta Billie. Oh tu ne l’as pas perdue ! Elle est là, toujours là, fidèle. Dans le lit de ton brutal de frère. Comment as-tu fait ton affaire ? Toi si bel homme si cultivé si charmant. Tranche-toi la gorge Etgar et sors ce truc. Ça sera toujours moins douloureux que ta déception, que le supplice de se faire arracher le cœur. Plus supportable qu’écouter une saucisse tiède et molle pleurer dans ton appareil électroménager. Etgar, ils te l’ont mâchouillé ces deux-là ton cœur. Pourtant bon bougre, tu ne leur en veux pas. Parce qu’après des milliers de bréchets tu n’as jamais fait que tirer le mauvais, le plus court. Ta vie alors fut ainsi : en économie d’amour et d’ambition pauvre Etgar. Aucune force. Tu dis que le sort choisit. Ta Billie t’a pris pour un homme trop bête. Retourne vers ce frigidaire. Poses-y tout ton amour gâché Etgar. Il sera pour une fois bien gardé. 

Texte et photo de Sophie Régnier



Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...



Les vases communicants ?
Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Beau programme qui a démarré un 3 juillet entre les deux sites, ainsi qu’entre Liminaire de Pierre Ménard et Fenêtres / open space d’Anne Savelli.

Si vous êtes tentés par l’aventure, faites le savoir ici.  

Et les lectures de ce mois sont à poursuivre ici. En particulier mon Petit os sur le blog de Sophie Régnier.


jeudi 2 janvier 2014

Gueule d’amour 55




Stéphane le 7 octobre 2012 à 18h05

mercredi 1 janvier 2014

01/01



Chaque mois quand le quantième est égal au numéro du mois en cours, vous trouvez sur ce blog une photo prise d’une fenêtre ou d’un balcon accompagnée selon l’humeur du moment d’un petit texte sur un sujet en rapport (parfois lointain) avec la date de publication.
Photo prise d’une fenêtre dans la montée du Gourguillon à Lyon dont je salue la maîtresse de maison mon amie Odile Schoendorff. Lyon est une ville chère à mon cœur, j’y ai vécu, étudié puis travaillé de 1967 à 1974, je suis revenu dans la région lyonnaise de 1978 à 1981 puis à nouveau pour des études tardives de 1991 à 1993.
En lieu et place d’anecdotes liées à la date de publication, je vais me contenter de souhaiter un bon anniversaire à Louis Chedid né le premier jour de l’année 1948 et à René de Ceccatty, né le premier jour de l’année 1952. 
Et vous me permettrez de présenter tous mes vœux pour une bonne et heureuse année à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog et plus chaleureusement encore à celles et ceux qui laissent parfois des commentaires.