
poser les yeux sur la chaleur tendre, le pèche orangé,
les fissures, les petits éclats blancs, le visage qui s'invente, s'efface
poser la main sur la tiédeur de la lumière
rester là, muette, pour un adieu
sentir le mur sous ma main, ne plus le voir, n'être
qu'aux images intérieures, non pas images mais flux, bousculade des jours
passés là, derrière ce mur, des passants, et de cette présence, rare, trop, et
en allée, comme, maintenant, je m'en vais
me détacher, me détourner
marcher le long du feuilletage des roches
dans la perte des couleurs,
dans la solidité et l'usure du monde, dans le sens de
l'eau,
avoir envie d'être pieds et mains nus, au contact de
la matière, pour me faire partie de ce qui est là, de ce dans quoi j'avance
pendant que dans l'esprit muet, ce souvenir qui se
fait patelin, s'endort
faire glisser ma main sur le ciment lissé, m'écorcher
légèrement, presque comme par plaisir, sur les débordements solidifiés, arriver
au mur de pierres sèches,
être quiète, me couler entre les murs enveloppants de
cette niche, ce gîte – même si ce n'est que pour une étape
m'installer dans l'attente, pour quelques jours trop
brefs, me préparer au message qui me mettra en route vers ma vie à venir
imaginer cette nouvelle maison d'après ce qui m'a été
dit, son isolement, ses pierres, les savoir plus anciennes, les deviner plus
régulières, les vouloir fortes et rudes, vivantes dans la lumière.
Brigitte Célérier sur des photos
de François Le Niçois
Vase
communicant avec Paumée où vous pourrez lire un texte de
François Le Niçois sur des photos de Brigitte Célérier.
Les vases communicants ?
Tiers Livre et Scriptopolis sont à
l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois,
chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les
mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire
des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Beau
programme qui a démarré un 3 juillet entre les deux sites, ainsi qu’entre Liminaire
de Pierre Ménard et Fenêtres / open space d’Anne Savelli.
Si vous êtes tentés
par l’aventure, faites le savoir ici.
Et les lectures de
ce mois sont à poursuivre ici.
Bonnes lectures
3 commentaires:
grand merci pour cet échange (agréable, détendu) - merci pour vos mots sous mes photos, merci pour votre accueil et merci pour vos mots sur Paumée (vous m'avez devancée)
Le gîte d'étape fait plus penser à un bunker qu'à une auberge accueillante !
La 3e photo n'est pas le mur du gîte mais le mur de soutènement le long du sentier de randonnée menant au gîte.
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