samedi 28 juin 2014

Tirer la porte



J’étais en région parisienne en fin de semaine dernière, trois jours passés dans la maison familiale, inhabitée depuis environ un an après les hospitalisations de mon père puis son placement dans une maison de retraite médicalisée.
Voir le jardin dans cet état est un brise-cœur alors que pendant 60 ans mon père le cultivait soigneusement, récoltant de nombreux légumes et fruits, dont il nourrissait sa famille et même ses voisins. Sur cette photo les seuls vestiges en sont les rosiers et les framboisiers. Les mauvaises herbes ont envahi toute la surface du jardin. La maison a été vendue.
J’ai consacré ces trois jours à ranger, trier, jeter avant qu’un brocanteur ne vienne débarrasser tout ce que mon frère et ma sœur auront laissé dans la maison. Pour ma part, j’ai pris la canne sculptée au fond des tranchées par un grand-oncle pour la naissance de mon père. Voir la photo de la canne ici. J’ai pris aussi un compotier en faïence de Gien et toutes les photos familiales que j’ai trouvées. Le projet à moyen terme est de scanner toutes ces photos et d’en envoyer un exemplaire numérique à tous les membres de ma famille dont je réussirai à trouver une adresse électronique.  Une fois ce travail fait, je pense que je proposerais au Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France de leur donner ce fonds iconographique.
Toujours est-il que dimanche matin quand j’ai franchi pour la dernière fois le seuil de cette maison et que j’ai tiré la porte derrière moi, il y avait une émotion énorme dont j’espère que les mots qu’elle a suscité ne vous décourageront pas d’aller voir les autres participants à cette chronique hebdomadaire sur le blog d’Amartia dans sa rubrique La photo de la semaine qui seront probablement moins bavards que moi cette semaine.

19 commentaires:

mijane91 a dit…

J'ai perdu mes parents il n'y a pas si longtemps et je sais ce que c'est de devoir vider la maison familiale... Ainsi va la vie ... mais il n'y a pas que de mauvais souvenirs et les objets et photos te ramèneront sans cesse aux années vécues près de lui.
Bon courage

norma c a dit…

C'était exactement à la même période, mais il y a deux ans, que j'ai vécu la même chose, jardin abandonné, maison à débarrasser, des moments très pénibles dont je garde encore un très mauvais souvenir.
Et je comprends parfaitement ton émotion, François...
Très bonne journée tout de même !

ELFI a dit…

il y a longtemps, même situation... , je te comprends très bien ...courage !

valluz a dit…

Je connais, je connais cette émotion-là malheureusement ... Je t'envoie un peu de soutien ...
Ta photo retrace bien la désolation que tu traverses.

erato a dit…

Comme je comprends ton émotion , une page qui se tourne , une séparation difficile , je te souhaite beaucoup de courage.
Les souvenirs que tu as emportés , te permettront de garder un lien avec tes souvenirs.
C'est bien que tu donnes les photos au Département des Estampes , ce sont des documents très importants.
Belle journée , bon week end François

evelyne b. a dit…

Lorsque j'ai dû faire la même chose, il n'y a pas longtemps, le libraire de mon quartier m'a conseille un petit livre "Comment j'ai vidé la maison de mes parents" de Lydia Flem au Seuil. Je te passe le message François. Pour le cas où....
Je t'envoie mes pensées solidaires et virtuelles mais néanmoins sincères.
Merci pour ta fidélité sur mes pages.
Bon week-end.
Evelyne

Simplement ... a dit…

Je te comprends si bien François, j'ai il y a trois ans fait la même chose pour l'appartement de ma maman qui est aussi en maison médicalisée aux Adrets.
Avec mon frère nous avons choisi parmi les belles choses qu'elle avait chinées avec passion, et aujourd'hui beaucoup d'entre elles sont dans ma maison, mais la démarche n'a pas été facile François, c'est pourquoi je dis que je comprends si bien.
Bon courage et une pensée pour ton papa.
Gros bisous François et bon week-end.
Marie-Ange

Josette a dit…

Je comprends tout à fait cette émotion, nous vivons actuellement dans la maison familiale et ce sera mes enfants qui auront ce "travail" à effectuer.
Tu as gardé des souvenirs chargés très fort émotionnellement et quelle belle idée de diffuser les photos à toute ta famille et d'en faire don aux archives.
Une période bien difficile à vivre et je te souhaite des soutiens près de toi.
mes pensées t'accompagnent sincèrement

manouche a dit…

Ce sont des moments très difficile. Avec la canne tu as gardé tous les symboles chers à nos cœurs.

iris a dit…

je ne suis jamais retournée dans la maison de mes parents
c'est ma mère qui est partie en dernier à 94 ans , chez elle , en 2005
j'ai fait une liste de ce que je voulais et j'ai laissé mes frères s'occuper du reste
j'ai été peut-être lache , mais j'étais incapable de revenir
je te souhaite tout le courage possible , c'est tellement dur
par contre mon frère m'a photographier tout l'interrieur de la maison
comme si ils s'y vivaient encore ainsi que le jardin
toute ma tendresse
edith (iris)

Mireille a dit…

Je vais répéter ce qui est dit dans presque tous le commentaires.
Je suis passée par là aussi et c'est ce fut très difficile aussi.
Les souvenirs remontent et l'émotion que tu ressens, je la partage avec toi.
Gros bisous François.
Belle journée

Nathanaëlle a dit…

C'est un moment très difficile que tu traverses, François, de ces moments qui nous font "grandir" d'un coup. On se rend compte de l'éphémère de la vie, on se sépare d'un lieu ou d'objets que l'on aime, qui nous aiment, que l'on ressent en soit parce qu'ils ont été témoins du bonheur. Une page se tourne, c'est tout, il reste en toi un trésor que rien ni personne ne t'enlèvera. Rien ne meurt, tout continue, tout recommence. Courage François, pour ces moments où le coeur est chaviré.
Plein de douces choses...

rosa a dit…

Bon courage, je te comprends beaucoup.
bonne fin de semaine
bisous
rosa

Marie-Paule a dit…

J'ai perdu mon papa il y a un peu plus d'un an mais ma maman vit toujours dans l'appartement où ils ont toujours vécu à Toulouse, après leur retour d'Algérie.
Je n'ai donc pas eu encore à traverser l'épreuve que tu viens de vivre François. Mais cela ne m'empêche pas de comprendre ce que tu as ressenti
Comme le dit Nathanaëlle, ce sont des moments qui nous font grandir mais la croissance fait mal avant de passer à l'étape suivante.
Nous sommes une génération qui a la chance de garder ses parents jusqu'à un âge avancé et nous finissons par les croire éternels. C'est difficile de prendre le relais alors que nous sommes souvent déjà retraités!
Bon courage François pour les jours difficiles que tu traverses. Ma sympathie t'accompagne.

CathyRose a dit…

Comme je la comprends ton émotion François, moi j'ai perdu mon papa il y a 4 mois, maman est toujours là mais on a dû faire du tri car il était très conservateur et il y a certaines choses que je n'ai pu me résoudre à donner ou à jeter ...! Je suis allée voir la canne, comme elle est belle, quel magnifique travail ton grand-oncle a fait !
Très belle soirée !
Cathy

Pause Lecture a dit…

Un beau souvenir quand même ! Merci de ton passage sur mon blog ! Bises

Claudine Le Bagousse a dit…

Bonjour
Incontournable moment émotionnel intense ..je l'ai fait il y a peu de temps .., on croirait passer à autre chose , mais non tout reste bien là au plus profond de nous ..
Merci pour ce partage !
Bonne journée

FRANKIE PAIN a dit…

merci de nous offrir un moment si puissant de ta vie et nous marchons sur cette fermeture de porte avec toi moi je m'accroche à la canne car je marche avec une canne et bien sur tu as bien fait de la dédicacée à notre manouche nationalae et ses conversations avec Cora.
soit doudou avec toi car ce sont ta vie et toute la vie de tes être chers qui était dans toi et on peut avoir une émotion si forte que l'on peut avoir un pb cardiaque alors douceur , geuule d'amour et tendresse pendant queques grands jours , tendrement dans mon coeur je t'accompagne.

Dzovinar Melkonian a dit…

Les retours arrières sont à double tranchant : le bonheur de voir revivre tout un passé et la douleur de le voir s'éloigner - nécessairement. J'ai eu aussi l'occasion de revoir la maison de mon enfance : mais tout avait été changé et je n'ai rien reconnu de ce qu'elle avait été - Finalement, j'ai pensé que c'était mieux ainsi. Elle est intacte dans mes souvenirs. Courage , le blue's finira par s'estomper, dés que tu auras mené à bien tes actions de partage.