dimanche 31 mai 2009

Tous formidables


Les garçons de la piscine est un film documentaire de Louis Dupont distribué en 2009 par épicentre films (durée 55 minutes).

Splendidement filmé par quelqu’un qui aime le corps des hommes, ce reportage sur une équipe composée de trois nageurs et de leur entraîneur (femme) aborde la question du sport, de l’entraînement, de la compétition, mais aussi du regard des autres vis-à-vis de ce qui sort de la norme. Filmé en pleine nature, en piscine, chez eux, à leur travail ou au cours de déplacement pour des compétitions. La question de l’homosexualité n’apparaît que plus d’un quart d’heure après le début du reportage en douceur. Parfois les images en disent plus que les paroles, ainsi la nageuse obèse pose la question de la différence sans un seul mot prononcé.

Pour voir la bande annonce (41 secondes) du film, cliquez sur le titre de ce message.

Isabelle Girault, Tom Godefroy, Jean-Philippe Franqueville, Fabrice Payen, les quatre protagonistes disent les choses avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. Tous formidables.


vendredi 29 mai 2009

Faire le point

Après une absence de plus d'un mois, presque deux, il est temps de faire le point.
Ce qui m'a tenu éloigné de ce blog, ce sont principalement mes activités liées aux Rencontres cinématographiques IN & OUT qui se sont déroulées du 29 avril au 5 mai. L'interruption du blog n'est pas la seule manifestation des changements. Alors que je m'étais pesé régulièrement chaque matin depuis janvier 2008 jusqu'à la mi-mars 2009, puis irrégulièrement jusqu'à mi-avril (9 fois en un mois), j'ai cessé complètement de le faire jusqu'à ce matin où la balance accusait 95,9 kg alors que j'étais descendu à 90 kg en février ! Il faut donc que je surveille à nouveau attentivement mon poids... et mon alimentation.
J'avais aussi arrêté de noter ce que je mange depuis le début mars et la période du festival a été propice au grignotage à toute heure.
Je suis très partagé entre le raisonnable et l'obsessionnel. Ce n'est que depuis deux ou trois jours que je réussis à avoir un usage modéré de Facebook et que j'arrive à adopter des horaires de vie plus satisfaisants. Si, comme je m'en suis fixé l'objectif, je réussis à aller à la piscine puis peut-être à la plage pour nager régulièrement chaque jour, afin de faire de l'exercice pour mieux maigrir et surtout me muscler la sangle abdominale qui a beaucoup souffert des opérations de l'été dernier, je serais content.

mercredi 8 avril 2009

Écrit pour la gloire (suite)


-->Voici les photos que je n'ai pas réussi à intégrer dans le message précédent !

-->le clocher de la chapelle du Saint Suaire

-->la maison d’Adam et Ève

-->la chapelle de la Miséricorde

-->la maison Caïs de Pierlas

Écrit pour la gloire

C’est l’aphorisme de Ben qui correspond le mieux au sujet que je veux traiter aujourd’hui : l’architecture baroque. Il eut été plus juste de mettre en titre construit pour la gloire de dieu ou du moins du pape et de la religion catholique puisque l’art baroque naît à Rome à la fin du XVIe siècle pour combattre la Réforme protestante.
J’ai en effet aujourd’hui rejoué les touristes sur le parcours du Vieux Nice baroque, même si l’on trouve des monuments baroques hors de la Vieille Ville.
La façade de la chapelle de la Miséricorde est cachée par les échafaudages des Monuments historiques qui opèrent une restauration mais quand on pénètre à l’intérieur, c’est un éblouissement : la nef de forme elliptique, flanquée de chapelles latérales semi-circulaires, la profusion des courbes, des ors ; tout est conçu pour impressionner le pèlerin ou le visiteur, fût-il, comme moi, un fieffé athée. Rétrospectivement je trouve que c’est une erreur de commencer la visite par le plus beau décor baroque de tout le parcours.
Au bout du cours Saleya, on regarde la maison Caïs de Pierlas et on tourne dans la petite rue de la poissonnerie où se cache une fabuleuse façade de 1584 que j’appelle la maison d’Adam et Ève. Et comme souvent dans le Vieux Nice aux ruelles étroites, on peut passer au pied d’œuvres extraordinaires sans les voir si on ne lève pas les yeux au-dessus des boutiques.
Après un coup d’œil au clocher de la chapelle du Saint Suaire, nous nous dirigeons vers l’église Sainte Rita puis vers la cathédrale Sainte Réparate que nous visitons toutes deux. Retour ensuite par la rue droite en passant devant l’église du Gésu (fermée le mardi) comme le palais Lascaris quelques centaines mètres plus loin. La visite s’achève place Saint-François devant l’ancien palais communal devenu mairie, puis aujourd’hui bourse du travail. La CGT est logée dans un palais baroque qui aurait cependant bien besoin d’une restauration.

vendredi 3 avril 2009

Chacun son style

Mon style aujourd’hui a été le style touriste : j’ai suivi une visite guidée du Nice style Belle Époque (de 1860 à 1914). C’est Paul, d’origine russe, étudiant en alternance en BTS de tourisme qui a guidé les quatre visiteurs inscrits à ce parcours.

Une première halte devant l’Opéra dont le bâtiment actuel fut achevé en 1885. On y apprend que cette période correspond au rattachement de Nice à la France et à l’expansion de la ville au-delà du Paillon. Développement dû principalement au tourisme hivernal des Anglais et des Russes – riches de préférences et souvent de familles princières quand ce ne sont pas les souverains eux-mêmes qui viennent à Nice (la reine Victoria d’Angleterre, les rois Léopold II de Belgique et Oscar de Suède, l’empereur Pedro II du Brésil, le tsar Alexandre II de Russie…).

Nous regardons ensuite l’église russe rue de Longchamp (à ne pas confondre avec la cathédrale russe du Parc Impérial) et l’église anglicane, le palais Barety (photo ci-contre) au décor rappelant l’origine agricole de la fortune du propriétaire, les hôtels Atlantic, Westminter, West-End et Négresco pour terminer au palais Masséna.

Après avoir offert une bière à mon guide, je suis allé rendre un livre à la bibliothèque Nucéra et payer 2,50 €uros d’amende de retard. J'ai vérifié que le livre de Laurent Herrou dont j'avais demandé l'achat était au fichier. Il a d'ailleurs été mis en circulation sans que l'on m'avertisse de son achat. Quand soudain pris d’une envie de pisser, j’ai découvert que les toilettes de la bibliothèque étaient payantes mais surtout fermées un quart d’heure avant le reste de l’établissement. Il m’a fallu rameuter quatre personnes différentes, menacer d’uriner contre les rayonnages… mais c’est seulement quand je me suis proclamé conservateur de la Bibliothèque nationale de France qu’on a condescendu à m’accompagner aux toilettes pour enfants (gratuites).

Chacun son style



mercredi 1 avril 2009

Cela pourrait être pire

Nous sommes déjà le 1er avril et je n'ai publié que deux messages le mois dernier. Je vais essayer de faire mieux ce mois-ci.
En attendant voici rapidement résumées mes activités récentes :
Côté cinéma, je suis allé voir Harvey Milk de Gus Van Sant, Pirates de Roman Polanski, A bord du Darjeeling Express de Wes Anderson, A propos de Nice de Jean Vigo et Slumdog Millionaire de Danny Boyle, par contre j'ai raté la leçon de cinéma de Bertrand Tavernier à laquelle je m'étais pourtant inscrit. Je ne parle bien évidemment pas des films que j'ai visionné pour la sélection des Rencontres cinématographiques IN & OUT [nouveau nom de ce qui s'appelait avant d'un genre à l'autre].
Côté spectacle, j'ai assisté à une représentation de Parle donc au Grand Jacques récital de textes et chansons de Jacques Brel. A un moment ou deux, j'ai retrouvé l'émotion que j'avais ressenti à la fin des années 60 au théâtre de Suresnes où j'étais allé écouter Brel lors de sa tournée d'adieux. Par ailleurs, j'ai été très triste de m'y être pris trop tard pour réserver pour le Brad Meldhau Trio à Cimiez, le concert étant déjà complet.
Côté pique-assiette, j'ai déjeuné ou dîné chez Isabelle et Matthijs, chez Sylvain, chez Gianfranco, chez Benoît et Sébastien et de mon côté j'ai accueilli Mireille et son ami Patrick. Ce fut une visite fort sympathique et l'occasion de se balader dans Nice. C'est dire qu'en quinze jours, j'ai été invité par plus de personnes que je l'avais été en sept ans à Bordeaux !
Côté vie nocturne, je suis allé pour faire acte de relations publiques au titre de IN & OUT au Fard, au Before, au Blue et à l'Hypnotiq où à chaque fois mes oreilles ont souffert. Je ne supporte pas la musique trop forte. Mon séjour à l'Hypnotiq a battu tous les records, j'ai fui au bout d'une minute et demie ! Je ne suis pas sûr que pour les relations publiques, cela soit très apprécié.
Côté musées, monuments et expositions, je suis allé visiter la Villa Arson (expositions Acclimatation et Trivial abstract), le monastère de Cimiez, le Théâtre de la photographie et de l'image (exposition Jean Ferrero + le filage d'une performance danse/vidéo), l'atelier Soardi pour l'exposition Protokoll de Christian Lutz, photographe, la galerie Depardieu pour l'installation Carmina Sensus de Jean-Pierre Giovanelli.
Côté lecture, le bilan est vite fait en quinze jours environ quinze minutes de lecture : trois ou quatre pages d'Un Yankee au Canada de Henry David Thoreau qui va me coûter une fortune quand je vais le rendre en retard à la bibliothèque municipale sans l'avoir terminé et vingt pages de Laura de Laurent Herrou. Vingt pages enthousiasmantes... mais pas suffisantes pour que je prenne le temps de lire au lieu de traîner sur Internet.
Côté Internet, un très grand plaisir à la réception d'un cadeau de Florent qui signe Flol Lol et qui m'a adressé le dessin ci-dessous sur des tickets de Ligne d'Azur.

Merci encore Florent, cela pourrait être pire !

vendredi 20 mars 2009

Repartir à zéro


C'est ce que je viens d'être obligé de faire sur un réseau social dont le nom commence comme une partie postérieure du corps humain et se termine par un nom d'animal souvent qualifié de vieux et de puant, car j'y avais publié une photo de bébé phoque dont je ne possédais pas les droits. Une amie des animaux légèrement homophobe m'a dénoncé.
Me voici sans plus aucun ami ! Je m'en étais fait de très nombreux, trop nombreux sans doute. Je ne les retrouverai jamais tous et j'ai d'ailleurs décidé de ne pas chercher à le faire. Désormais, seuls mes vrais amis ou relations figureront dans ce réseau, plus quand même un certain nombre d'inconnus avec qui j'ai échangé quelques messages. Pour devenir mon ami, il ne suffira plus de cliquer sur "demande d'ajout d'ami" mais il faudra me dire pourquoi l'on souhaite devenir mon ami. Et non seulement je renonce à cliquer à tour de bras sur tous ceux qui mettent une photo alléchante sur leur profil mais j'ai pris la décision de justifier mes demandes de retrouvailles ou de nouvelles amitiés.
On peut dire aussi que je repars à zéro en m'étant installé à Nice où je ne connaissais pratiquement personne. Et fesse bouc a été un moyen de rencontrer des gens dont quelques-uns sont déjà devenus des amis et d'autres sont potentiellement en bonne voie de l'être.
Et cela me rappelle qu'Edith Piaf repartait à zéro sans rien regretter. Non, rien de rien.

dimanche 8 mars 2009

Vous êtes unique au monde


Même serré comme du bétail aux heures de pointe dans le tramway de Nice, on arrive à avoir l'impression d'être unique au monde quand une douce voix vient nous susurrer en français, en nissart et/ou en anglais le nom du prochain arrêt / proximata fermata / next station. La voix est portée par un sonal (signal sonore musical) toujours doux et apaisant qui varie d'une station à l'autre. J'ai l'impression que le sonal n'est pas toujours identique pour une station donnée, même si l'annonce de la station Cathédrale vieille ville s'accompagne toujours d'une cloche. C'est l'œuvre du compositeur Michel Redolfi. Co-fondateur du GMEM (Groupe de musique expérimentale de Marseille), il a travaillé aux USA (Université de San Diego en Californie) avant de devenir directeur du CIRM (Centre international de recherche musicale ) à Nice et du festival MANCA (Musiques actuelles Nice Côte d'Azur). Il dirige aujourd'hui le Studio Audionaute à qui la commande du design musical du tramway niçois a été passée.
Le design graphique a été confié à Ben, plasticien niçois qui a calligraphié le nom des stations et a parsemé chacune d'entre elles de quatre panneaux d'aphorismes écrits en blanc sur noir majoritairement en français avec quelques-uns en nissart et en anglais.
Je me suis par ailleurs donné comme contrainte oulipienne d'illustrer mes messages par un aphorisme de Ben.

lundi 23 février 2009

Ceci est art

J'ai bien l'intention dans les prochains messages d'écrire à propos de Ben et du tramway de Nice, mais aujourd'hui c'est d'art dont j'ai envie de parler. Avant d'emménager à Nice, j'ai vécu pendant trois ans dans un petit studio meublé à Paris dans le XIIIème arrondissement. Toutes mes affaires sont restées en garde-meubles pendant ce temps. C'est ainsi que j'ai été privé de mes livres, mes disques et surtout des œuvres d'art qui me sont chères. Une fois à Nice, j'ai attendu un peu avant des les sortir des cartons, ma priorité étant d'installer les meubles, de sortir le linge, les vêtements, la batterie de cuisine, les papiers (impôts, retraite, sécurité sociale, banque...).
Ce n'est qu'aujourd'hui que je me suis attaqué aux cartons alignés dans le couloir d'entrée et qui contenaient toutes les photos encadrées, lithographies, peintures, dessins, affiches, collages... Et c'est une joie que de revoir chaque œuvre, me remémorer son auteur quand je le connais, les circonstances de l'acquisition (achat, don, cadeau pour telle ou telle occasion). Ce que j'appelle l'œuvre au noir de Patrice Salsa, c'était un cadeau de l'auteur et néanmoins ami, pour mes 48 ans où j'avais fait une grande fête dans l'île de Migneaux à Poissy chez mes amis Marc Uguen et Gérard Marot. Les photos de musiciens de jazz de Jean-Marc Birraux, c'est lui qui me les a offertes à la fin de l'exposition que j'avais organisée à la Discothèque des Halles à Paris. J'ai une gravure sur linoleum dédicacée par Marion Brown en 1990 que j'allais souvent écouter au théâtre Dunois mais je ne me souviens plus des circonstances. La peinture de Nicolas d'Hautefeuille, je la lui ai achetée à son domicile à Bordeaux quand j'ai fait sa connaissance par l'intermédiaire de son cousin Antoine. J'ai aussi une bannière (toile peinte non tendue) d'Yves Olry que j'ai dû acquérir à la fin des années 70 quand j'habitais Givors. Je n'ai pas encore déballé toutes les affiches mais l'une de mes préférées qui est contrecollée sur bois est l'affiche de la Dispute de Marivaux mise en scène de Patrice Chéreau au TNP de Villeurbanne. Quand je vois cette affiche, je revois la pièce, j'entends la musique de Mozart qui servait de musique de scène. Je vais aussi apprendre à vivre avec les œuvres les plus récentes offertes pour mon départ en retraite.
En une matinée, je n'ai pas eu le temps de tout accrocher, mais j'ai choisi les emplacements de chaque œuvre et je ressens beaucoup d'émotions à la vue de chacune d'entre elles. L'aspect de mon appartement est déjà complètement changé. Les grands murs tout blanc disparaissent ou font ressortir les taches de couleur, soulignent les gris et les noirs. Je remarque que j'ai peu d'œuvres très colorées, il y a beaucoup de noir et blanc, ce qui est banal pour la photographie, mais aussi beaucoup de gris et de noir dans les estampes.
Et je ne comprends pas comment j'ai pu vivre sans la présence quotidienne de l'art. Ceci est tare.

dimanche 15 février 2009

Vendredi 13

Vendredi dernier, le 13 février, je suis allé voir Bar franco-italien une pièce de Myriam Tanant, mise en scène par Jean-Claude Penchenat au Théâtre national de Nice. J'ai bien aimé... mais ce n'est pas le sujet de ce jour et cette pièce n'est jouée que trois fois à Nice. En sortant du théâtre, je me suis rendu dans un bar à vin et restaurant In vino qui vient d'ouvrir dans le Vieux Nice, rue de l'hôtel de ville, pour rejoindre des amis qui, eux, sortaient d'un autre spectacle. Nous avons dîné ensemble et fort bien, le cadre est très agréable, les patrons sympathiques, bref c'est une adresse tout à fait recommandable.
La conversation aidant nous sommes sortis vers une heure du matin et je me suis retrouvé à une station de tramway avec l'information suivante affichée : service terminé. J'ai marché en direction de chez moi en guettant un taxi. Arrivé à une station de taxi déserte, j'ai appelé pour en avoir un. On m'a signalé dix minutes à un quart d'heure d'attente. Vingt minutes plus tard, j'étais toujours là quand une voiture s'est approchée. Le conducteur, un jeune homme à l'accent maghrébo-niçois après avoir constaté qu'il faisait froid et que j'étais vieux puis m'avoir demandé où j'allais, m'a proposé de me raccompagner. J'ai accepté et suis monté à l'arrière du véhicule puisque un autre jeune occupait la place du mort. Et la conversation a commencé ou plutôt le soliloque du chauffeur qui se retournait sans cesse vers moi tandis que son copain redressait le volant pour que nous restions sur la route. Dans l'ordre, les sujets abordés : les taxis sont tous des arnaqueurs, vous me donnerez bien un petit billet, c'est la crise depuis que la France a intégré l'Europe et que l'€uro a remplacé le franc, c'est dur le chômage, impossible pour les jeunes de trouver du travail, alors il faut pas s'étonner de la délinquance, Dieu vous aime...
Et si je n'étais pas vraiment rassuré, même de moins en moins au fur et à mesure des fautes de conduite et des sujets abordés, quand Dieu est apparu, là j'ai vraiment eu peur ! Contrairement à mes présupposés, ce jeune homme était épiscopalien. Je m'attendais à une réplique du genre : Aboule l'oseille, Dieu qui t'aime te le rendra. Pour ne pas me rassurer, nous avons dépassé un jeune auto-stoppeur ; le conducteur ne s'est pas arrêté et a grommelé quelques propos indistincts. Ensuite j'ai appris que mes hôtes sortaient du casino où, bien que nous soyons le vendredi 13, ils avaient tout perdu. Nous sommes néanmoins arrivés à Pont Michel au terminus du tram, j'avais discrètement sorti le plus petit billet (5 €) que j'avais sur moi. J'ai remercié ces jeunes gens en leur serrant la main et en leur laissant le billet. Ils insistaient pour me raccompagner jusqu'à chez moi, pour qu'à mon âge je n'ai pas à marcher dans le froid. Je suis sorti de la voiture, ils ont fait demi-tour et je suis rentré chez moi, un peu honteux d'avoir eu si peur.

mercredi 11 février 2009

Le verger de pierres


Le verger de pierres est un récit de Timothy Findley, auteur canadien anglophone que j'ai découvert grâce à Zachari Logan dont l'autoportrait au pastel figure ci-contre. J'ai toujours aimé lire les ouvrages recommandés par mes amis.
Le titre original From Stone Orchard : a collection of memories est plus explicite que le titre choisi par Le serpent à plumes qui l'a édité en français. Stone Orchard est le nom d'une ferme que l'auteur et son compagnon ont acheté en 1964 non loin de Toronto.
[© Zachari Logan] Chaque chapitre est un récit indépendant, proche du journal intime et raconte des anecdotes, des souvenirs liés à cette ferme, son jardin, ses travaux, les voisins, les amis qui passent... Mais ce qui est marquant dans ce livre, c'est le rapport à la nature qu'il décrit. "... mais la récolte peut aussi donner un sentiment de bonheur qui va croissant et, à l'occasion, peut réserver une surprise." Et sous la terre retournée, outre les nombreuses pierres qui justifient le titre en français, surgit l'Histoire, des histoires, le passé. Timothy Findley peu à peu modèle le paysage, crée un étang mais c'est fait dans le respect de la terre, des traditions, avec l'aide des jeunes gens du voisinage.
C'est avec plaisir que j'ai lu ce livre même si pour rien au monde, je ne voudrais vivre à la campagne et si mon père a réussi à me dégoûter à tout jamais du jardinage par des travaux forcés tout au long de mon enfance. J'ai mis sur ma liste de lecture le roman le plus connu de Timothy Findley : Pilgrim. Et encore merci à Zachari pour ce plaisir partagé.

lundi 9 février 2009

D'un genre à l'autre

Hier soir, j'ai enfin rencontré des membres de l'équipe des rencontres cinématographiques de Nice D'un genre à l'autre, que je cherchais depuis plus d'un mois par différents biais. Grâce à Facebook, je savais que Benoît, son directeur artistique, se rendrait au Fard, un bar gay sur la promenade des Anglais qui fêtait son deuxième anniversaire. J'y suis allé et après avoir fait le tour des lieux, je me suis installé à l'entrée, au bout du bar, à côté du DJ et j'ai siroté un jus d'orange en regardant qui rentrait. Et qui est venu s'installer sur le tabouret à côté du mien ? Benoît que j'ai hésité à reconnaître car il me tournait le dos et je ne l'avais vu qu'en photo sur Facebook. Mais le DJ n'ayant pas encore commencé à sévir, j'entendais les conversations autour de moi. Dès que quelqu'un a salué Benoît par son prénom, j'ai attendu le moment propice pour me présenter, mais j'ai été devancé par Sylvain, le régisseur général qui m'a identifié et intégré au groupe. J'ai fait aussi la connaissance de Sébastien le trésorier. Quand la musique est devenu plus forte, nous sommes sortis et avons pu discuter un peu. Ce qui est drôle c'est que Benoît avait entendu parler de moi par Lo, Sylvain par l'un des organisateurs du festival de Saint-Etienne et Sébastien par Blaise, le fils d'un collègue. Je suis invité à la prochaine réunion de l'équipe qui aura lieu le 21 février. Je m'en réjouis.

vendredi 6 février 2009

Ligeti, Chostakovitch, Schumann

Je sors de l'Opéra de Nice où je suis allé écouter un concert de l'Orchestre philharmonique de Nice dirigé par Günter Neuhold. Au programme Lontano de György Ligeti, cette pièce de 1967, d'une apparente sobriété en un seul mouvement continu, est cependant pleine de nuances, de scintillements, elle préfigure la musique spectrale. Et visiblement elle déconcerte les abonnés qui arrivent là, sans même savoir quelles sont les œuvres au programme et les commentaires chuchotés n'ont pas manqué de m'irriter pendant l'exécution. Mon voisin de droite, qui a détesté l'œuvre, pensait que c'était une création, une auditrice derrière moi parlait de musique d'enterrement. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire pendant la pause avant la pièce suivante que pendant les enterrements, par respect, on se tait. Ensuite vint le Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2 de Dimitri Chostakovitch avec en soliste l'excellente Sonia Wieder-Atherton que j'ai déjà entendue à plusieurs reprises, le plus souvent dans des œuvres contemporaines. Le public était sinon moins hostile en tout cas moins audible. J'ai trouvé l'œuvre magnifique et l'interprétation remarquable. En bis, Sonia Wieder-Athertona joué une pièce pour violoncelle solo qu'elle n'a pas annoncée et que je n'ai pas reconnue. C'était beau sans plus. Après l'entracte, le concert s'est achevé avec la Symphonie n° 4 de Robert Schumann, l'orchestre est magnifiquement utilisé, on est emporté par cette musique puissante, joyeuse et enthousiasmante. La salle a unanimement apprécié, le XIXème siècle n'est pas trop dépaysant.

jeudi 5 février 2009

Des listes

J'établis des listes pour tout et n'importe quoi. Pour aller faire les courses au supermarché, banal direz-vous mais que penser des pièces de théâtre et des films vus, des livres lus, de mes adresses successives, de mon poids chaque jour, de ce que je mange à chaque repas...
Par exemple, aujourd'hui : je pèse 92,9 kg ; ce matin j'ai pris : 4 biscottes, 10 g de beurre, 25 g de confiture de fraises et un bol de café non sucré ; à midi : une salade de tomates avec huile d'olive et basilic ciselé, des fettuccini frais avec une sauce poivrons et aubergines, du pain brioché avec du fromage Petit pont au cidre et aux cinq baies, deux clémentines, une tasse de café avec un édulcorant plus un carré de chocolat au lait ; ce soir : une soupe de légumes, une mousseTaillefine au fromage blanc sur lit de pêches ; j'ai lu quelques pages de Timothy Findley Le verger de pierres paru au Serpent à plumes en 2001.

mercredi 4 février 2009

Le balcon

Le balcon est un lieu intermédiaire, il est chez soi mais il est dehors. Du balcon, on peut regarder vers l'intérieur comme vers l'extérieur sur lequel on a un point de vue élevé et distancié.
C'est donc du balcon que j'écrirai aussi bien sur ce qui se passe dehors que dedans, le dedans pouvant aller jusqu'au moi profond s'il veut bien se révéler. Je m'autorise à décrire mes rêves, mes lectures, raconter des anecdotes sur ce que je vois, y compris quand je quitte mon balcon pour descendre dans le monde, la ville en dessous, les collines environnantes ou des lieux plus lointains ; mais aussi parler des gens croisés, rencontrés qu'ils soient anonymes, inconnus ou amis proches.