jeudi 26 août 2010

La solution existe

Mardi dernier, j’avais un chèque à déposer, je passe donc à ma banque qui est dotée d’un petit sas d’entrée assez désagréable à franchir.
Encore faut-il réussir à en obtenir l’ouverture. Cela ayant été plus que longuet, le soir même je me fends du message suivant sur le site de la dite banque :
« Quelle est cette nouvelle aberration ? La guichetière qui m'a fait attendre aujourd'hui plusieurs minutes avant de condescendre à m'ouvrir le sas d'entrée de l'agence Jean Jaurès a justifié son attitude en disant qu'elle ne me connaissait pas !
Etes-vous un établissement ouvert au public ou dois-je envisager de changer d'établissement bancaire ? »
36 heures et 20 minutes plus tard, je reçois la réponse rédigée par ma conseillère clientèle de particuliers :
« La guichetière en question a des consignes strictes, surtout l'été, concernant l'ouverture du S.A.S. car elle ne connaît pas encore tous nos clients.
Bernard M., qui vous connaît bien, étant occupé à ce moment là, n'a pu intervenir plus rapidement
Aussi je vous prie de nous excuser de cette attente »
D’où j’en déduis que la Banque populaire refuse tout nouveau client, puisqu’il faut déjà être client (et connu) pour obtenir l’accès aux guichets !
Et on pourrait se féliciter du souci de sécurité que cette banque semble vouloir mettre en œuvre… mais ce n’est visiblement pas la sécurité de ses clients qui la préoccupe. En effet, les distributeurs de billets sont à l’extérieur, sur la voie publique et sans surveillance aucune. Pas de caméra. Si l’on se fait arracher l’argent que l’on vient de retirer, il n’y a plus qu’à prendre un papier et un crayon pour tracer le portrait robot de l’agresseur que rien ne dissuade. L’évolution des mœurs et la baisse de fréquentation des lieux de culte fait que l’on trouve aujourd’hui plus de gens plus ou moins alcoolisés qui font la manche à proximité des distributeurs de billets qu’au porche des églises !
 
« Placer l’homme au cœur des préoccupations donne tout son sens et toute sa force à la relation bancaire. » C’est ce que déclare la Banque Populaire dont le nombre de clients en banque principale a progressé de 1 % par rapport à la fin de l’année 2009 malgré son refus d’ouvrir sa porte aux inconnus.
Aujourd’hui, je suis retourné à mon agence pour vérifier les équipements visibles de sécurité et quand j’ai fait cette photo :
Un guichetier s’est précipité vers moi, en restant sagement derrière le sas de sécurité et en hurlant qu’il était interdit de faire des photos, ce qui n’est mentionné nulle part, il voulait absolument savoir mon nom et quand je lui ai affirmé que j’étais client de cette agence et que je voulais parler à ma conseillère, il ne m’a ouvert le fameux sas qu’après que je lui ai indiqué le nom de celle-ci, continuant à me répéter de façon obsessionnelle qu’il était interdit de prendre des photos et demandant à la conseillère de me répéter ce que lui-même me répétait depuis un moment : il est interdit de faire des photos. Je regrette juste de ne pas l’avoir photographié lui !
En regardant bien la photo ci-dessus, je constate d’une part que les casiers mentionnés pour y déposer sa mitraillette et ses revolvers n’existent pas mais que la plaque marquée CIMA doit permettre l’ouverture du sas par contact d’une « clé ». Il suffit donc que la Banque populaire donne à chacun de ses clients cette clé ou alors à interdire tout nouveau recrutement d’employés de banque qui ne connaissent pas les clients. Comme il n’y a pas de nouveaux clients, il suffit d’interdire le départ en retraite (et les congés payés) aux actuels employés jusqu'à la mort du dernier client !
Me voilà rassuré, la solution existe

mardi 24 août 2010

N'importe qui peut avoir une idée

Je ne sais pas qui a eu l’idée d’inventer ces petits jeux rigolos ou débiles, selon le jeu et votre degré de sévérité, qui permettent de perdre du temps sans avoir à faire preuve de trop de créativité. Comme d’autres j’y ai succombé et puisque mes blogueurs préférés (Matoo et Tambour Major) s’en vantent, je tiens à présenter au monde à la blogosphère la couverture de mon premier roman :
Pour contacter cet éditeur bienveillant cliquer ici 
Après le jeu littéraire, le jeu musical, suivez les instructions ci-dessous :
1 - Cliquer sur http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article qui sort est le nom du groupe ;
2 - Cliquer sur http://www.quotationspage.com/random.php3
Les derniers mots de la dernière citation de la page sont le titre de l’album ;
3 - Cliquer sur http://www.flickr.com/explore/interesting/7days
La 3e image, quelle qu'elle soit, sera la pochette de l’album ;
4 - Utiliser Photoshop, Paint ou autre pour associer ces 3 éléments…
et voilà la pochette de mon premier album :
Ah, oui ! Au fait avec le jeu le plus débile je dois bien avouer que j’ai léché Bree Van De Kamp en chantant « prout, prout dans l’eau ». J’en suis encore désespéré !
A propos de couverture de livre, j’ai gardé un excellent souvenir d’un petit jeu auquel j’ai contraint Pierre Cornuel, illustrateur qui avait accepté de faire la couverture d’une plaquette que j’ai réalisée pour la Ville de Paris en 1988. Il devait évoquer Paris à travers sa devise Fluctuat nec mergitur, faire figurer cinq animaux dont deux chats et un cochon, plus un chapeau et que le tout évoque le jazz. Voici le résultat que j’adore :
N'importe qui peut avoir une idée

lundi 23 août 2010

Je suis pour


J’ouvre ma boîte à lettres ce matin pour y découvrir une lettre des impôts, une de mon fournisseur d’électricité et une du syndic de mon immeuble, plus un journal publicitaire pour une grande surface. J’ouvre ces courriers sans enthousiasme pour découvrir que le Trésor public me rembourse un trop perçu non négligeable… que j’ai consommé moins d’électricité que mon fournisseur ne l’avait prévu et… que j’ai aussi un (petit) trop perçu pour les charges de l’immeuble.
C’est la loi des séries, trois factures et au lieu d’avoir à sortir mon carnet de chèques, je regarde la colonne crédit de mon compte en banque grimper !
Si c’est tous les jours comme ça, je suis pour

dimanche 15 août 2010

Être c'est être différent

Comme chaque 15 du mois à 12h00 heure de Paris, quelques blogueurs, dont je suis, publient une photo sur un thème donné. Ce 15 août le thème est « Ombres chinoises ». Et comme je suis pervers mon autre contrainte personnelle étant de placer chacun de mes billets sous un aphorisme de Ben, celui qui m’est apparu comme évident m’entraîne dans une vaste réflexion car on peut être différent de l’ombre que l’on projette.
« Dire que tout est dans tout, qu’on est tous pareil, c’est extrêmement déstructurant. Dans ce monde, les choses existent parce qu’elles ont une limite. Sans limites, rien n’existe. La recherche de l’identité culturelle va de pair avec la mondialisation. L’identité c’est la différence. Si on nie l’unicité d’une personne et donc sa différence, on nie la personne. Etre quelqu’un c’est être différent. On peut être différent et solidaire des autres qui ne nous ressemblent pas. » (Luis Vasquez-Bronfman)
« Ce texte s'adresse à ceux qui sont différents (handicapés, malades, ethnie ou couleur différente, morphologie, mental, personnalité différente, etc.), et aux autres ! Ceux qui sont dans la norme et donc peu stigmatisés car peu remarqués ; à tous en fait !
Le politiquement correct du moment veut que l'on nie les différences. Or, nier, ce n'est pas accepter! C'est même: ne pas accepter ! On a banni, et à raison, le terme de "race" qui n'est pas approprié, car nous faisons tous partie de la même famille humaine qui a son berceau en Afrique. Soit. Mais il y a une limite au ridicule. Nous sommes bien une humanité variée, colorée, il y a des différences marquées. Et là où d'autres nient, retroussent le nez comme devant un plat malodorant, jouant la tolérance dont ils ne connaissent que le nom, j'affirme, moi, que nous sommes bel et bien différents (certains plus que d'autres) et que j'aime ça! Bon sang, mais je kiffe la différence, moi! Alors n'ayez pas peur d'être différent ! Revendiquez votre différence, c'est votre richesse, votre unicité! Bon sang, soyez fier, soyez "VOUS"!!! Vive la différence, elle donne toute sa saveur à la vie ! Et il n'y a qu'un domaine dans lequel il ne doit pas y avoir de différences entre nous tous: nos droits ! » (Extraits d’un texte paru sur ce blog)
« L'affirmation de soi passe le plus souvent par la recherche d'une identité propre, différente de celle des autres. Mais tous en cela se ressemblent. La prise en compte de l'universalité de l'humaine condition conduit à la vraie richesse intérieure.
Affirmer sa personnalité, c'est s'opposer à tout ce qui n'est pas conforme à elle. Cependant, la différenciation à tout prix ne peut tenir lieu de personnalité. L'être qui n'existe que dans l'opposition à autrui est tout aussi vide que celui qui ne s'oppose à rien parce qu'il n'est rien lui-même. On ne peut devenir soi complètement par référence à autrui. Que faut-il donc ajouter à la simple différenciation des autres pour atteindre son être véritable? Nous essaierons de tracer le chemin résolument personnel par lequel le moi, s'arrachant aux relations qui le lient aux autres, peut entrer en possession de soi. Nous découvrirons que la route qui mène à soi passe encore par autrui. Ce sont donc les relations complexes qui m'unissent aux autres qu'il faut élucider. » (Si vous voulez vraiment la suite et le développement de ce texte, il faut cliquer ici et sortir votre carte bancaire !)
Sinon, il vous reste à aller contempler les ombres chinoises de mes petits camarades blogueurs :
Et je ne doute pas un instant que vous serez d’accord pour dire qu’être c'est être différent

vendredi 13 août 2010

Étonnez vous !






L’un de mes amis (un vrai de vrai, pas seulement un de Facebook) a publié sur sa page Facebook un appel à signer une pétition contre la condamnation à mort par pendaison d’un jeune Iranien Ebrahim Hamidi. J’ai cliqué sur le lien m’apprêtant à signer cette pétition quand mon regard a été attiré par un bandeau publicitaire au dessus de la pétition pour diverses firmes dont PriceMinister, banal direz-vous ? Sauf que PriceMinister affichait la photo du dernier disque dont j’avais été voir le prix quelques jours auparavant ! Je savais Facebook assez peu soucieux des données personnelles de ses membres et qu’Internet permet de trouver beaucoup de choses… mais immédiatement ma décision était prise de ne jamais rien écrire ou signer sur cette pétition que j’ai quand même lue et que j’ai trouvée stérile et inefficace, j’avais l’impression qu’elle ne servait qu’à recueillir les noms et adresses IP des détracteurs du régime iranien. Petite crise de parano !
J’ai fait des recherches pour en savoir plus sur Ebrahim Hamidi et ce que j’ai découvert dans un article du 11 août 2010 de Paris-Match (journal peu suspect de gauchisme) est assez terrifiant sur le niveau des droits de l’Homme en Iran. Certes l’homosexualité y est punie de la peine de mort mais en plus la justice (si l’on peut utiliser ce mot) y est expéditive, vénale, sans aucun droit pour la défense ni place pour les preuves. La torture est bien plus efficace pour obtenir des aveux. Ebrahim Hamidi croupit dans une geôle depuis deux ans où il subit de mauvais traitements suite à une dénonciation calomnieuse lors d'une dispute entre familles rivales. Maintenant qu’il a 18 ans, il peut être exécuté, même si ses accusateurs se sont rétractés depuis !
Aucune nouvelle ne parvient des cinq autres jeunes sous le coup d’une condamnation identique et détenus dans des conditions inconnues. L’avocat d’Ebrahim Hamidi a préféré ne pas rentrer en Iran quand il a appris la perquisition de son cabinet et l’arrestation de sa femme ! Il vit maintenant en exil en Norvège.
De nombreux pays où l’Islam est la religion dominante condamnent l’homosexualité et parmi eux, l’Iran, la Mauritanie, l’Arabie Saoudite, le Soudan et le Yémen vont jusqu’à la peine de mort. Petit rappel, l’Église catholique condamne aussi l’homosexualité mais aujourd’hui, je ne crois pas qu’il y ait encore de bûchers pour les sodomites et la séparation de l’Église et de l’État dans la plupart des pays occidentaux est une excellente chose de mon point de vue.
Étonnez vous !

jeudi 12 août 2010

Fermez les yeux écoutez la rue


Brigitte, une nouvelle amie rencontrée via Facebook, m’ayant appris qu’elle animait des ateliers lecture pour les tout-petits, j’ai repensé au plaisir de lire à haute voix des histoires, que ce soit à des adultes ou à des enfants.
C’est dans mon premier poste en bibliothèque que j’ai beaucoup échangé, parlé de mes goûts en matière de lecture, en particulier avec Nic (qui deviendra quelques années plus tard directrice de La joie par les livres) et avec Marie-Odile dite MOV. Ce sont elles qui m’ont fait découvrir Les contes de la rue Broca de Pierre Gripari, un livre d’apparence austère publié à La table ronde. Mes premières expériences de lecture ont été faites en 1974 ou 1975 lors de week-end passés à Sérifontaine chez MOV où le soir, je lisais le soir un conte à Bénédicte et François, ses enfants.
Quand en 1978, je suis parti travailler à Givors, en attendant de trouver un logement sur place, j’ai logé quelques mois chez Eliane une amie lyonnaise dont les enfants Jean-Marc et Nicolas avaient respectivement 7 et 3 ans. J’avais avec Jean-Marc une relation affective privilégiée, l’ayant beaucoup côtoyé de sa naissance à l’âge de 4 ans ; Nicolas lui, qui ne me connaissait pas, était par contre dans une attitude d’hostilité forte à mon égard, car j’arrivais pour prendre, croyait-il la place de son père qui venait de quitter temporairement le domicile conjugal. Il y avait beaucoup de livres pour enfants dans cette famille et j’ai pris très vite l’habitude de leur lire le soir au coucher un album, un conte, une histoire. Puis un jour, j’ai entrepris de leur lire Les contes de la rue Broca. Ce fut un succès avec obligation de lire, relire, et malheur à moi si j’improvisais, très vite ils connaissaient les contes par cœur mais écoutaient avec toujours le même plaisir, les mêmes effrois aux moments cruciaux.
Plusieurs années après, Carlos, Eliane et leurs deux fils sont venus passer quelques jours à Paris où j’habitais alors. Nous sommes allés nous promener dans le Quartier latin et vraiment par hasard, nous nous sommes trouvés dans la rue Broca mais quand j’ai dit que nous allions vers la rue Mouffetard, les deux grands dadais de 12 et 16 ans m’ont pris chacun par une main et se sont mis à me raconter les histoires de Bachir, Nadia, Monsieur Pierre et la sorcière au balai de la rue Mouffetard. J’en étais ému aux larmes.
Fermez les yeux écoutez la rue

vendredi 6 août 2010

C'est la vie


« Chaque année de par le monde, des millions de poils se font exterminer dans des conditions abominables : cire, rasoir, tondeuse, procédés dépilatoires barbares. 
Chaque année des milliers de torses velus, des centaines de douces papates délicatement ourlées se trouvent atteints par une insipide et froide glabreté.
On fait le silence sur ces millions de poils innocents.
Pour que cesse le massacre, pour que cesse la dictature des corps lisses, je déclare que ce blog respecte le Poil. »
C’est sur le blog de Tambour Major que j’ai trouvé ce manifeste que j’approuve totalement.
Pour participer à un concours photo j’ai fait poser un ami dont je connaissais la pilosité. Hélas, il est arrivé mi-mai fraîchement rasé ! Nous avons refait la photo fin juillet et je vous laisse juge. 


Je ne sais pas vous, mais moi je préfère nettement la seconde.
En plus le poil qui repousse pique alors que le poil au naturel est plus doux et puis je vous le dis : le poil, c’est la vie

vendredi 30 juillet 2010

Le temps est illimité


Encore que d’aucuns mettent des limites très précises comme le 15 du mois à midi heure de Paris pour publier la photo du mois. Et ce mois-ci le thème choisi est le farniente. C’est malin ! Résultat, je n’ai rien fait pendant ce mois, pas publié un seul message sur mon blog ! Heureusement, quand même j’ai quelques autres activités par ailleurs… Mais qu’il est doux de rien faire, de pouvoir ne rien faire. Parole de retraité heureux de l’être !
Alors voici ma photo prise lors d’une balade ou plus précisément lors d’une halte siesteuse dans les jardins de la villa Ephrussi de Rothschild en cours de promenade à St-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu-sur-mer.  

Bon, mais ce n’est pas tout ça… Faudrait voir à vous fatiguer un peu pour aller voir comment d’autres conçoivent le farniente, alors là je me précipite sur le groupe Facebook « La photo du mois » pour y trouver le pavé de liens vers les autres blogueurs…  et constater que le thème retenu en août n’est pas Farniente mais Ombres chinoises ! Damned, j’ai dû rêver pendant la sieste. Tout à refaire, mais heureusement le temps est illimité 

jeudi 15 juillet 2010

L'instant présent


La gourmandise n’est pas seulement l’un des sept péchés capitaux, c’est aussi le thème de juillet choisi par Virginie pour la photo du mois, opération qui consiste pour un groupe de blogueurs à publier le 15 de chaque mois à 12h00 (heure de Paris) sur leur blog une photo en rapport avec le thème donné. N’étant pas croyant, la gourmandise, pour moi, n’est pas un défaut mais plutôt un plaisir à partager. Elle n’est cependant pas exempte de danger, car de la gourmandise à la gloutonnerie, à la goinfrerie ou à la boulimie le passage est relativement facile.

Osez goûter de mon plat, mangeurs !
Demain il sera d’un goût meilleur,
Après-demain il vous semblera bon !
En désirez-vous davantage ?
Mes sept vieilles recettes m’inspireront
Autant d’audaces nouvelles…
(Friedrich Nietzsche)
Allez vous régaler en dévorant des yeux les contributions des autres participants : VirginieTambour MajorGuillaumeOlivierAnne fra SveitsAnneCaroCarolineCéliaCélia2CélineChris, ClaraCynthiaDamienDoremiFabienneGodnatJo AnnLooangeMandyMarieMélanieNathalieNolwennSandrineShandaraSophieTitemVéronique et Viviane.
Il faut le savourer l’instant présent

dimanche 11 juillet 2010

Adieu barraca


3000 selon la police, 7000 selon les organisateurs, la Pink Parade (appellation niçoise de la Marche des fiertés et autre Gay Pride) a parcouru une partie de la Promenade des Anglais, quelques rues du centre ville avant de se poser sur la place Yves Klein entre le Mamac et le Théâtre national de Nice où l’association Polychromes offrait un spectacle de breakdance du Sayajin Crew. L’ambiance est festive, les manifestants d’une grande diversité, le public bon enfant, la musique trop forte à mon goût… Le mot d’ordre de cette année inscrit sur une grande banderole ouvrant la marche est : « Tous unis contre l’homophobie ». Cette banderole est tenue à la main par une dizaine de jeunes. A l’une des extrémités de la banderole un jeune gay tout de blanc vêtu qui ne trouve rien de mieux quand il me voit photographier la banderole que de brailler en ricanant « Ouah, le papy ! »
Oui, j’avoue, ma photo sur ce blog est un peu ancienne, je suis aujourd’hui quasiment chauve et mes derniers cheveux sont blancs mais je suis atterré de voir que des personnes qui protestent contre des discriminations dont elles sont victimes sont capables tranquillement d’en discriminer d’autres.
Vieux et pessimiste je me dis : « Adieu barraca » (Tout est fichu en nissart)

lundi 21 juin 2010

Pas d'art sans liberté



Il était une fois une enseignante Janine Kotwica, spécialiste du livre pour enfants qui eut la bonne idée de rassembler pour une exposition des dessins d’illustrateurs de renom, dessins préexistants ou commandés pour l’occasion. Le titre sulfureux de cette exposition étant : Pour adultes seulement : quand les illustrateurs de jeunesse dessinent pour les grands. 
Las, c’étaient des dessins érotiques ! L’exposition a beau avoir été commandée par le directeur de la bibliothèque départementale de la Somme qui est rappelons-le un établissement qui ne reçoit pas d’enfant, mais uniquement les bibliothécaires relais des petites communes rurales du département ; les œuvres ont beau avoir été présentées au directeur du développement culturel du Conseil général de la Somme ; l’affiche de Léo Kouper a beau avoir été validée parmi cinq propositions par les interlocuteurs départementaux… Cela n’a pas empêché Monsieur Minable (pardon pour la faute de frappe, il faut lire Manable) ci-devant président socialiste du Conseil général de la Somme d’interdire à 11 jours de son inauguration cette exposition.
Voici le communiqué de l’Observatoire de la Liberté d’expression de la Ligue des droits de l’homme :
«Le conseil général de la Somme se couvre de ridicule en censurant une exposition de dessins
L’exposition « Pour adultes seulement : quand les illustrateurs de jeunesse dessinent pour les grands », qui devait se tenir à la bibliothèque départementale de la Somme, à Amiens, du 19 mai au 19 juillet, a été annulée, à onze jours de son inauguration, par le président du conseil général de la Somme, alors qu’elle était programmée depuis plus d’un an.
Le directeur de la bibliothèque a passé commande de cette exposition à Janine Kotwica, enseignante et spécialiste du livre pour jeunes. Vingt-six dessinateurs de renom y participaient, pour une soixantaine d’œuvres de grande qualité dues à Lionel Koechlin, Bruno Heitz, Nicole Claveloux, Tomi Ungerer… Le résultat, validé par le directeur, était une exposition d’un érotisme chaste et malicieux. Qui aurait pu s’offusquer de découvrir qu’André François, qui amuse les enfants depuis un demi-siècle avec ses Larmes de crocodile, avait aussi réalisé des gravures de sirènes aux seins nus, ou que Louis Joos, qu’inspirent ordinairement les musiciens de jazz, peignait parallèlement des corps féminins ? L’affichiste de cinéma Léo Kouper (Jacques Tati, Charlie Chaplin) en avait réalisé l’affiche, qui devait également former la couverture du catalogue. On y voyait un simple pinceau vertical, sur fond rose, pouvant donner l’illusion, de très loin, d’un pubis.
Comment cette idée de censure est-elle venue à Christian Manable, président socialiste du conseil général de la Somme ? Aucune explication officielle n’a été donnée à cette annulation. Le rôle des politiques n’est pas de réprimer les œuvres mais de favoriser leur diffusion. Il appartient au public de juger l’exposition, et les élus doivent laisser le public accéder librement aux œuvres. Le rôle des politiques est aussi de tenir les engagements pris.
L’Observatoire de la liberté de création demande au conseil général de la Somme de revenir sans délais sur sa décision ridicule, et exige que cette exposition puisse ouvrir comme prévu et que son catalogue soit imprimé.
Les artistes, la sensualité et l’humour font notre monde meilleur, bien plus que les censeurs.»
Pas d’art sans liberté

mardi 15 juin 2010

Marche ou rêve


Désormais, ici le 15 de chaque mois, c’est le jour de la photo du mois. Le thème à  traiter en juin est « Sur la route ».
J’ai choisi cette photo prise au cours de la manifestation intersyndicale du 27 mai 2010 à Nice pour la défense du régime des retraites en France.

La route est envahie par les manifestants et leurs banderoles, ici ce sont des lycéens qui renvoient le président à l’école. J’aime bien l’idée d’être sur la route pour faire avancer les choses. Sur la route de la vie, cheminant de l’âge du lycée à l’âge de la retraite... 
Aller voir les contributions des autres blogueurs à cette opération mensuelle : 
olivierAnneVéroniqueVirginieShandaraLooangeJo AnnSandrineFabienneDamienMarieNolwennCélineAnne fra SveitsCéliaCaroGuillaumeMandyTitemCynthiaCarolineDoremiSophieTambour Major et Nathalie
Marche ou crève, marche ou rêve… 

mercredi 9 juin 2010

La rue est un film



Bowery est une rue de New York au sud de Manhattan. Durant les années 1920 et 1930 ce quartier s’est considérablement appauvri, Bowery devenant le symbole de la crise économique et gagnant la réputation d’attirer les alcooliques et les SDF. Entre 1960 et 1980, on y trouvait les loyers les plus bas et le taux de criminalité le plus élevé de Manhattan.
En 1955, le documentariste Lionel Rogosin y tourne On the Bowery qui raconte l'histoire de Ray, un travailleur ferroviaire, et de sa dérive dans ce quartier de clochards à la recherche d'une fête arrosée après un dur labeur, son intégration dans une bande d'alcooliques qui l’aident à dépenser son argent. En tant que nouvel arrivant dans le quartier, il paie sa tournée dans un bar avant de perdre connaissance et de se réveiller pour constater qu'on lui a volé sa valise. A partir de là, Ray commence son voyage jusqu'en enfer... Petits boulots, petites combines, mendicité, vol, tout est bon pour pouvoir se payer un verre de plus à boire.


Influencé par Robert Flaherty et la tradition néo-réaliste italienne, Lionel Rogosin crée un genre cinématographique entre le documentaire et la fiction où le hasard de la vie s’invite dans le film entre vie réelle et scénario écrit après une longue immersion dans le milieu de ces laissés pour compte de la société. Tous les protagonistes du film sont des hommes et des femmes qui vivent depuis des années à Bowery.
Oui, la rue est un film. Et quel film ! Grand prix du documentaire au Festival du film de Venise en 1956, Best documentary of the year au British Film Academy Award en 1956, il reçoit le Robert Flaherty Award en 1957… Ce film vient d’être réédité par Carlotta avec l’aide de la cinémathèque de Bologne. Le DVD contient de plus de remarquables compléments de programme  avec des entretiens avec Lionel Rogosin, un entretien avec Gian Luca Farinelli le directeur de la cinémathèque de Bologne et Une promenade dans le Bowery aujourd’hui.
La rue est un film… à (re)découvrir

mardi 25 mai 2010

Qu sta a maioun noun si bagna

Chaque 15 du mois un groupe de blogueurs publie en même temps une photo relative à un thème commun. Ce mois-ci, il s'agit de "Maison d'ici". Je viens de découvrir et pour m’entraîner je publie une photo de maison d’ici :
C’est la Villa Castor, l’une des villas jumelles (sa voisine s’appelle Villa Pollux) construite sur le boulevard Franck Pilatte qui va du port vers le Cap de Nice. Vestiges de la Belle-Epoque, elles ont été construites vers 1880 et franchement, quand on est si près du bord de mer, il faut vraiment le vouloir pour ne pas en profiter. Qu sta a maioun noun si bagna = qui reste à la maison ne va pas se baigner

mardi 11 mai 2010

Le monde change vous aussi


Depuis quelques mois, je participe au Comité de lecture du Théâtre national de Nice pour lequel j’ai lu le livre suivant :
Sur la corde raide [Texte imprimé] ; suivi de L'enfant perdue : théâtre / Mike Kenny ; textes français de Séverine Magois ; [ill. par Hanno Baumfelder]. - Arles : Actes Sud-Papiers, 2004 (42-Saint-Étienne : Impr. Dumas-Titoulet). - 81 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm. - (Heyoka jeunesse) (Actes Sud-Papiers, ISSN 0298-0592).
Trad. de : "Walking the tightrope" et : "The lost child"
ISBN 2-7427-5198-X (br.) : 10,50 EUR.
Voici mes notes de lecture pour L’enfant perdue :
Résumé : Un rétameur et sa fille traverse une forêt, le rétameur fait du feu pour éloigner les loups, se réchauffer et faire à manger mais il interdit à sa fille Prunelle de toucher au feu. Prunelle, restée seule à côté du feu, le laisse s’éteindre par respect pour les interdictions de son père. Quand celui-ci revient Prunelle a disparu, il part à sa recherche et interroge tous les personnages rencontrés (oiseau, arbre, grenouille, taupe, loup…). C’est seulement quand il ranime le feu et qu’il promet aux loups d’apprendre à sa fille à connaître le feu et non de le redouter qu’elle lui est rendue.
Avis : Pièce pour jeune public (maternelle et premier cycle du primaire) simple et didactique, avec la même idée déclinée à chaque rencontre avec les différents personnages rencontrés lors de la quête du rétameur. La seule interrogation que j’ai est que le message me semble s’adresser plus aux parents qu’aux enfants !
Et celles pour Sur la corde raide :
Résumé : Esmé comme tous les ans vient voir son grand-père. Mais cette année, sa grand-mère n’est plus là ! « Tous les ans, certaines choses demeurent pareilles et d’autres changent. »
Avis : Pièce pour jeune public (maternelle et premier cycle du primaire) écrite par l’auteur qui venait de perdre son père quand son propre fils avait trois ans. Métaphore sur la vie et la mort, texte assez poétique avec des références constantes à l’univers ludique du cirque et à l’éternel recommencement avec la lancinante présence de la marée. Pièce créée le 24 janvier 2005 à Jouars-Pontchartrain.

Sur la corde raide a été retenue pour être lue par des comédiens du TNN en public dans l’auditorium de la bibliothèque Louis Nucéra le samedi 24 avril à 15 heures. Quelques jours auparavant, des amis parisiens m’ont incité à rencontrer une de leurs amies niçoises, elle aussi. Je l’ai invitée à venir assister à cette lecture, tout en la prévenant du sujet car elle venait de vivre un deuil, son ami s’étant suicidé pendant qu’elle passait quelques jours de vacances à Paris chez nos amis communs. Ce texte que j’ai lu, que je connaissais et que j’imaginais être poétique et pour un public d’enfants ; ce texte entendu, porté par la voix de deux comédiens m’a soudain bouleversé. Je me suis rendu compte que je pleurais, les larmes coulant sur mon visage. La présence de Christèle à mes côté n’y était sans doute pas pour rien. Je pense que c’est la force et la qualité d’un grand et beau texte de s’adresser à chacun, petits ou grands. C’est aussi la magie du théâtre, un texte lu des yeux et un texte dit à haute voix n’ont pas la même résonance. « Tous les ans, certaines choses demeurent pareilles et d’autres changent. »
Le monde change vous aussi

vendredi 19 mars 2010

Personne n'est parfait





Nice le 17 janvier 2010, 6h25
Mon cher François,
Me voici dans le train à nouveau pour un retour vers Digne… Ce train, cette gare, ces matins, ces voyages, ces allers-retours qui me transportent, ces pensées certaines et incertaines d’amour de toi pour moi, comment pourrais-je dire autrement. Ton amour me sauve, il a su me tirer des griffes de mes propres profondeurs abîmables, oui celles qui sont censées abîmer pour toujours, c’est ce que l’on croit une fois qu’on y est et puis quand le vent souffle (toi) il y a comme une peau neuve : cet état que l’on croit indestructible n’est plus. Ça devient un sac que l’on pose parce que trop lourd et puis l’oubli de le reprendre, de le récupérer… C’est plus loin que je me dis l’avoir oublié et c’est trop tard pour le rechercher parce que volé par le temps ou je ne sais qui d’autre. Je suis donc déchargé, oublieux et le souvenir est bon et délectable. Je peux donc retourner sur les traces, sur l’ancien lieu et regarder comme un touriste cet état passé. Je ne veux pas le ranger, le caser dans une case, je veux le laisser courir dans l’espace pour pouvoir dire que ce n’est pas fini, cela pourrait vouloir dire que je m’apprête à recommencer, l’éternelle ritournelle…
Je sens en toi la douleur du sauveur. Tout en sachant et reconnaissant ta joie, ton bonheur, ta grandeur de générosité… ça ne passe pas outre à ma guérison… Nous sommes la rencontre de deux entités où l’on pourrait dire : deux esprits se sont rencontrés, reconnus. Je rajoute. C’est très important pour moi de côtoyer cet espace spirituel, ça dépasse tout, il n’y a aucune fioriture possible, je veux dire que ça ne rentre pas, c’est un pôle d’attraction négatif pour toutes ces fantaisies, ça nous trie, c’est l’impossibilité, l’incompatibilité,…
[Lettre non envoyée mais laissée à portée de regard deux mois plus tard, personne n’est parfait]

Post-scriptum : Le message ci-dessus avait été publié le 19 mars après que j’eusse cessé toute relation avec l’auteur de la lettre et a été retiré le 29 mars 2010 à la demande téléphonique de celui-ci. Mais rien ne permettant de l’identifier, je décide le 9 septembre  2010 de rétablir cette publication qui éclaire les cheminements tortueux de l’âme humaine et des comportements des uns et des autres car personne n’est parfait   

jeudi 11 février 2010

Seulement trois mots


Je t’aime. « Voici le lieu pour s’entraîner à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. »
Le Petit Robert donne trois définitions principales de ce verbe transitif venu du latin amare. Premier sens : Éprouver de l’affection, de l’amitié, de la tendresse, de la sympathie pour quelqu’un. Deuxième sens : Éprouver de l’amour, de la passion pour quelqu’un. Troisième sens : Avoir du goût pour quelque chose.
Dans les relations humaines (deux premiers sens), la réciproque est de mise. Et il n’est pas évident de passer d’un état à l’autre. J’y suis parvenu assez bien, en tout cas en présence de l’ami aimé. En son absence et pire en son silence, l’état de manque revient et l’inquiétude. Pourquoi ce silence ? Comment va-t-il ? Que lui arrive-t-il ? Qu’est-ce que j’ai fait ou dit qui cloche ?
Alors oui, j’ai besoin de les dire, besoin de les entendre... Seulement trois mots : je t’aime

mercredi 27 janvier 2010

Je cherche la vérité

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Bleu
Gris
Gris – gris – bleu – bleu – gris
Je marche dans le brouillard
Je marche
Je marche mais je n’avance pas
Gris – bleu
Il pleut, gris
Et je marche je marche je marche sans avancer
Bleu gris
Gris bleu
Cri, cris, qui crie ?
Peur bleue
Gris bleu
Tout est gris, tout est bleu
Tout est gris bleu autour de moi
Et je marche je marche
Marche, marche sans avancer
Sans reculer. Je marche… Je marche
Mais est-ce que je marche vraiment ?
Je pose le pied droit devant le pied gauche
J’avance le pied gauche
Je le mets devant le droit
Puis le droit devant le gauche
Le droit le gauche
Droit gauche
Droit gauche
Droit gauche
Mais rien ne change
Gris bleu
Tout est gris tout est bleu
Tout est gris bleu autour de moi
Alors pourquoi marcher ?
Je marche, marche, marche
Parce qu’un jour
Je le sais
Je verrai oui, je verrai un arbre
Un arbre VERT
Tout vert
Magnifiquement vert
Au pied de cet arbre
Je m’arrêterai
Pour attendre l’automne
Et voir les feuilles de l’arbre
Jaunir rougir devenir ocres brunes et noires
Dès lors je pourrais repartir
Repartir en chantant
Vers les couleurs
Toutes les couleurs de la vie


Poème publié en 1969 ou 1970 dans le Bulletin programme de la Troupe théâtrale de l’INSA à Villeurbanne (Rhône) on peut dire qu’à cette époque encore je cherche la vérité